Les Québécois souffrent du rythme effréné de la vie

Par Marie Caouette

On a du mal, aujourd'hui, à trouver du temps pour prendre l'air, faire de l'exercice ou entretenir des amitiés.

Le travail impose ses exigences qui bousculent tout et entraînent une course sans fin, et de plus en plus rapide, qui débouche souvent sur des problèmes de santé, dont l'épuisement professionnel.  ou plus grave encore, sur le suicide.

À un moment donné, la vie perd son sens, observe le conférencier Jacques Morin, qui a déjà été un salarié malheureux qui cherchait, à tâtons, un meilleur équilibre de vie.

Sa carrière actuelle l'amène à partager ses réflexions, fruits d'une marche de 800 km sur le chemin de Compostelle, lors de conférences et de journées de formation.  Il animait récemment une soirée au Cégep Garneau à Québec, dans le cadre de la semaine de prévention du suicide.

Plus que les femmes, les hommes sont victimes de ce mal du siècle.  Ainsi que les travailleurs autonomes pour qui le défi d'un équilibre de vie est encore plus grand, à son avis.

Il affirme que les Québécois sont nombreux à en souffrir et à se mettre en quête de sens.  On en est rendu à rêver de silence et de paix alors le temps semble accélérer pour suivre le rythme imposé par l'économie mondiale, constate Jacques Morin, en entrevue téléphonique depuis sa résidence à Sainte-Brigitte-de-Laval.  Peut-être parce que la bousculade actuelle nous touche très fort.  "Nous sommes des gens sensibles, ouverts et naïfs", décrit-il.  Vite influencés par les divers courants qui soufflent sur la société.

Trop d'activité mentale

"Les gens sont probablement trop stimulés, jusqu'au déséquilibre.  Il observe qu'on est trop dans le mental.  On fait moins l'amour, on marche peu, on a pas le temps pour une bière avec des amis."  Ce décalage entre la vie quotidienne et les aspirations profondes pourrait aussi être à l'origine de suicides, explique le conférencier.

Pour Jacques Morin, les choses ont changé avec le chemin de Compostelle.  "Pas moyen de tricher, dit-il.  Il faut respecter ses limites, sinon on crève.  Alors que dans la vie, on peut hypothéquer son corps bien longtemps avant que ça casse."

Compostelle lui a appris à aimer le silence qui aide à retrouver l'équilibre, à écouter ses voix intérieures et même à ressentir la souffrance causée par un rythme de vie infernal.  Au quotidien, on a du mal à écouter ses voix intérieures et à respecter ses limites dit-il.  Mais chacun à une réponse en soi.

Au bureau, selon lui, il ne faut pas hésiter à "demander des tâches qui nous conviennent ou une mutation, de la formation ou de l'aide.  Il faut parler, briser le silence pour éviter de refouler.  Respectez-vous sinon vous ne serez pas respectés", conseille enfin le conférencier.

 

© LESOLEIL-avril 2007

© jacquesmorin.net 2007